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 Sujet du message: Re: L'uranium
MessagePosté: Mar Oct 10, 2017 12:30 pm 
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Areva licencie au Niger, une "question de survie pour la Somaïr"

Myrtille Delamarche le 10/10/2017

La Somaïr, filiale d’Areva au Niger qui exploite la mine d’uranium d’Arlit, a annoncé le 9 octobre des licenciements en raison de la faiblesse des prix de l’uranium.

Le groupe français Areva n’a pas souhaité préciser le nombre exact de salariés concernés par les licenciements annoncés le 9 octobre par sa filiale nigérienne la Somaïr (Société des mines de l'Aïr, détenue à 63,6% par Areva et à 36,4% par la Sopamin, Société du Patrimoine des Mines du Niger). Mais des sources syndicales évoquent un cinquième des 916 postes du site, ainsi que 500 sous-traitants. Selon la même source, des mesures d’économies supplémentaires auraient été annoncées, comme l’arrêt de la prise en charge des dépenses d’eau et d’électricité des salariés.

Après avoir étudié plusieurs solutions pour faire face à la chute des prix de l'uranium à 20 dollars la livre, "le scénario approuvé le 19 septembre en Conseil d’Administration - dont font partie des représentants du Niger – et partagé avec les partenaires sociaux comprend la baisse de l’activité minière, la baisse de la production enfûtée, la baisse des investissements, la diminution de la flotte des engins miniers, ainsi que la réorganisation et l'ajustement de l’effectif de Somaïr et de ses sous-traitants", précise un porte-parole d'Areva.

En 2016, la Somaïr fournissait 24% de la production consolidée d'uranium d'Areva Mines et 10% de l'uranium consommé par les réacteurs français. "La production actuelle est de 2100 t et la production envisagée est de 1700 t à partir de 2018", précise Areva. La Somaïr avait déjà procédé à un plan de restructuration en 2015, comprenant des licenciements pour ramener l'effectif en phase avec l'activité réduite, et un plan de réduction des coûts pour augmenter les réserves économiquement exploitables. Mais ce dernier n'avait pas suffi à redresser la situation financière de cette filiale nigérienne d'Areva.

Des coûts de production trop élevés

La mine d’Arlit, exploitée à ciel ouvert, a des coûts de production bien plus élevés que certaines mines plus récentes d’Areva, notamment au Kazakhstan où le groupe exploite l’un des gisements à plus bas coût au monde. La chute des cours de l’uranium et les mornes perspectives de croissance du marché du nucléaire obligent Areva à maintenir ou à mettre sous cocon des gisements autrefois prometteurs, comme le projet géant d’Imouraren, qui devait succéder à Arlit et Akouta au Niger.

Différents scénarios sont également à l'étude concernant la mine d'Akouta, exploitée par la Cominak (Compagnie minière d'Akouta). Le capital de cette filale créée en 1974 est détenu à 34% par Areva, à 31% par la Sopamin, à 25 % par OURD (Overseas Uranium Resources Development, Japon) et à 10 % par ENUSA (Empresa Nacional del Uranio S.A, Espagne). En 2016, Cominak a produit 1315 tonnes d’uranium, (314 t part Areva).

Le prix de l'uranium n'a cessé de s'éroder depuis l'accident de Fukushima en 2011, passant de plus de 70 dollars la livre à 20 aujourd'hui. Un seuil que le minerai du combustible nucléaire n'avait guère dépassé entre les années 1980 et 2005, avant de connaître un pic à plus de 135 dollars en 2007.

https://www.usinenouvelle.com/editorial ... ir.N598353


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 Sujet du message: Re: L'uranium
MessagePosté: Mer Nov 01, 2017 1:48 pm 
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La mine de Tortkuduk au Kazakhstan produit, par in situ recovery, l'un des uraniums les moins chers du monde

En montant la tour Bayterek, l’emblème d’Astana – la capitale du Kazakhstan –, les dirigeants d’Areva ont-ils placé leur main dans l’empreinte de celle du président Nazarbaïev, un geste censé porter chance ? Toujours est-il que c’est de ce sol que New Areva, branche combustible et services post-scission, extrait l’uranium le plus compétitif au monde. Alors que le prix du combustible nucléaire a été divisé par cinq depuis 2008 – même s’il faut rappeler qu’il était au cours actuel avant ce pic –, les mines sont plus sombres au Canada, malgré la haute teneur des gisements, et plus encore au Niger, où un plan social frappe la mine d’Arlit et pourrait être étendu à celle d’Akouta. En Namibie, Trekkopje, l’un des vestiges de la mésaventure Uramin, ne sera vraisemblablement pas exploité. La prochaine pépite de New Areva se trouve sans doute à l’est de la Mongolie, où le groupe espère dupliquer le procédé d’extraction kazakhstanais.

De l’extraction de minerai au Kazakhstan…

L’ISR (in situ recovery), qui consiste à injecter une solution acide dans le gisement puis à la pomper une fois chargée d’uranium dissous, n’est applicable qu’à des réserves friables, piégées entre deux couches géologiques étanches. Dans le monde, 47 % de l’uranium est produit par ISR et Katco, la filiale kazakhe d’Areva, en est le premier exploitant. Au sud du Kazakhstan, premier producteur mondial, les mines de Muyunkum et Tortkuduk produisent chaque année 4 000 tonnes d’uranium sous forme d’U3O8.

Image
La mine de Tortkuduk

Drôle de mine que Tortkuduk. D’abord, on ne voit que la steppe désertique ponctuée de saxaouls, des arbustes décharnés qui mettent un siècle à pousser. En s’approchant, on distingue des modules de conteneurs, les TUZ, qui abritent les vannes réglant le débit de la solution acide et des fluides chargés d’uranium. Dans le cadre du projet mine digitale, « les relèves manuelles pourraient être digitalisées pour disposer des données en continu et alimenter des outils de simulation », explique Jérôme Violet, responsable du département forage à Tortkuduk. Chaque TUZ est reliée à douze puits producteurs et à un puits injecteur par des tuyaux enterrés à 1,8 mètre pour ne pas geler, dans cette contrée où les températures passent de + 30 °C à - 30 °C en quelques semaines. Des puits, on ne voit que la tête, un tuyau dépassant un demi-mètre au-dessus du sable. Nichées dans la steppe, deux bases-vie hébergent 800 salariés, dont 18 % sont des femmes, un taux très élevé pour un site minier. Dans l’usine adjacente, la solution uranifère est transformée en oxyde d’uranium (U3O8). Le fluide est concentré au contact de billes de résine, puis purifié à l’eau ammoniacale dans un précipitateur-décanteur en forme d’obus avant de passer sous forme solide – le yellow cake – sur un filtre à bandes « développé par Areva », précise Philippe Dubois, le directeur de l’usine.

… à sa conversion…

Depuis 2014, ce yellow cake est converti en U3O8 dans un calcinateur unique au Kazakhstan. En cas de défaillance du générateur puis des batteries, une manivelle permet de faire tourner manuellement ce four pour empêcher sa dilatation, qui survient en un quart d’heure. La solution lixiviante est réinjectée dans les puits. « La méthode ne génère ni résidus, ni stériles », insiste Nicolas Dubecq, le directeur des opérations sur le site. Les débats sur le nucléaire agacent cet ingénieur X-Mines, qui affiche de solides convictions environnementales : « Cela fait rire les équipes, mais quand je rentre en France, c’est chauffage au bois et toilettes sèches. » L’ISR permet surtout d’exploiter à moindre coût des gisements à très faible teneur : seulement 0,07 % à Tortkuduk, contre 17 % au Canada. Katco ne communique pas son coût d’exploitation, mais « sur une échelle mondiale de 10 à 40 dollars la livre d’uranium, les gisements du Kazakhstan se situent tous dans le premier quartile », dévoile le directeur général de Katco, Gérard Fries. Dans un atelier où règne la méthode japonaise 5S, la poudre grise est mise en fûts, puis en conteneurs boisés selon une norme kazakhe plus exigeante qu’en Europe. Ces conteneurs sont acheminés par train jusqu’à Saint-Pétersbourg où ils prennent le bateau pour Le Havre, Hambourg ou Sète. Sauf quand la totalité de la production est vendue en Chine, comme en 2016. Car passées les portes de Tortkuduk, la matière n’appartient plus à New Areva mais à un électricien, qui fera fabriquer à façon son combustible nucléaire.



https://www.usinenouvelle.com/article/l ... um.N604093


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