Le secret de l'île de Pâques
Le secret de l'île de Pâques
Le secret de
l’île de Pâques
C’était
il y a 286 ans : le jour de Pâques de l’an 1722, le
capitaine Jacob Roggeveen atteint avec son bateau une île perdue
au milieu du Pacifique, qu’il appela du nom d’
« île de Pâques ». L’île
qui est chilienne, mais dont elle est éloignée de 3700
km, devint mondialement célèbre par ses « Moai ». Ce sont
des statues de pierre volcanique à visage humain, qui peuvent mesurer jusqu’à
21
mètres de haut. La réalisation de ces figures a donné lieu
à de nombreuses spéculations. Le nombre d’habitant que Roggeveen estima à 3000
était bien trop faible pour déplacer ces statues sans aide mécanique. Et le bois
qui aurait pu être utilisé comme moyen de transport, manquait de la même manière
sur l’île.
De nouvelles découvertes
scientifiques ont ouvert la porte à la clé de l’énigme. Selon ces sources, les
polynésiens sont arrivés environ 400 ans avant notre ère pour la première fois
sur l’île. Les découvertes de pollen, impliquent qu’il y avait à cette époque
une épaisse forêt de palmiers. Cette forêt a sans doute livré le moyen de
transport des monolithes.
Comment se fait-il que
cette culture a à ce point décliné ? James Brander et Scott Taylor, deux
économistes de l’université de Vancouver, ont donné un modèle économique qui
explique la montée et le déclin de ce peuple. Dans leur argumentaire, ils
suivent le concept que Thomas Malthus a décrit au 18ème siècle d’un
développement dynamique de la population. Selon lui,
l’augmentation du revenu contribue à une augmentation de la population. Cette
dernière réduit finalement le revenu disponible. Il serait même possible d’après
Malthus que l’augmentation de la population aboutisse à un « débordement » de
l’augmentation de productivité, ce qui aboutit à de douloureux
ajustements.
Selon les
découvertes de Brander et Taylor, le développement de la
population s’est déroulé rapidement. Parce que tout le temps n’était pas
nécessaire à la recherche de nourriture, les habitants ont eu plus de loisir pour
s’occuper d’autre chose, par exemple pour sculpter les statues et pour les
transporter, argumente les scientifiques. 900 ans après la colonisation, d’après
la simulation, le nombre d’habitant atteint le chiffre de 10.000, ce qui est sa
valeur maximale. C’est à cette époque que la production de statues atteint aussi
son apogée.
Le malheur des habitants
de l’île de Pâques c’est leur imprévoyance avec la ressource « bois ». Les
palmiers de l’époque comptent parmi ceux dont la croissance est particulièrement
lente. Cela prend de 40 à 60 ans pour que les palmiers portent leurs premiers
fruits – beaucoup plus long que la durée de vie moyenne des habitants,
de l’ordre de
30 ans. « Un temps trop long, pour donner aux polynésiens un stimulant à
cultiver les palmiers, parce que la génération qui plante, n’est pas celle qui
en profite » écrivent les deux économistes.
Pour chaque
génération, la destruction de la forêt est restée quasiment indétectable,
puisque au long d’une vie d’homme, la déforestation n’était que de 5%. Les
fouilles archéologiques indiquent qu’à la fin du déclin, il s’est produit des
luttes fratricides ainsi que du cannibalisme. « Le secret de la
montée et du déclin de l’île de Pâques est plus que complexe. L’explication
simple indique, que les habitants après une apogée, ont détruit leur
environnement de telle manière, que leur vie ainsi que leur culture dans leur
forme habituelle n’était plus possible », résume Brander et Taylor. Les
économistes sont assez tentés d’expliquer que des raisons semblables aient pu
provoquer la disparition d’autres cultures à d’autres endroits de la Terre,
comme celle de Mayas en Amérique latine…
Traduit de l’allemand.
© Frankfurter
Allgemeine Zeitung. James Brander/Scott Taylor: the simple
economics of easter island.
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