Une interview imaginaire...
Q :
Alors, c’est pour
quand le soleocene ?
R :
Eh bien… une fois
que l’oleocene sera fini… Donc quand il
n’y aura plus de pétrole, plus de gaz, plus
de charbon et plus de nucléaire. Là,
c’est sûr, on sera en plein
soleocene !
Q :
Mais, ça peut encore
prendre de nombreuses années ?
R :
Bien sûr.
Notamment le charbon est encore bien présent. Et puis de
toute façon, la
transition se fera petit à petit. Mais elle commence
maintenant.
R :
en général, les
datations se font plutôt à posteriori. Donc ce
sont les générations futures qui
détermineront la fin de l’âge des
énergies fossiles et le début du suivant.
R :
Mais bien
sûr ! La mobilité c’est la
grande passion du XXème siècle.
Les avions,
les voitures, les motos, les vélos...Tout ça
existera encore. Mais les moyens de
propulsion auront évolué
Q :
Alors le
soleocene, c’est comme maintenant ?
R :
Oui.
Mais en
mieux. L’énergie solaire fournira
l’essentiel de
l’énergie et il n’y aura plus
de rejets de gaz à effet de serre. Et une raison de moins
pour
faire la guerre, puisqu'il n'y aura plus de
pétrole... Le
soleocene, c’est le but à atteindre. Le
problème c’est la transition, c’est le
passage de
l’oleocene au soleocene.
R :
Eh bien parce
qu’il y va falloir se résoudre à
abandonner les énergies fossiles au profit des
énergies renouvelables. Et il y a fort à penser
que les secondes ne seront pas
capables de reprendre la place des premières avant que les
premières ne
disparaissent.
R :
Evidemment c’est un scénario possible, mais il est
plutôt à éviter.
R :
Eh bien, en faisant durer les énergies fossiles le plus
longtemps possible, en
développant les énergies renouvelables le plus
vite possible et surtout en
utilisant l’énergie avec plus de
sobriété et d’efficacité
possible.
R :
Dans la vie il y quelques fois des moments ou il faut que les choses se
fassent. Pour pallier l’épuisement des ressources
fossiles. Pour limiter les
rejets de gaz à effet de serre.
L’humanité en est un peu là en ce
moment.
Q :
Alors cette transition se passera bien tout compte fait ?
R :
Je n’ai pas dit ça ! Mais nous avons les
moyens de faire qu’elle se passe
bien. Et nous sommes tout aussi capables du contraire…
R :
En fait il n’y a pas tellement à croire, mais
surtout à agir. C’est notre
efficacité dans l’action qui
déterminera ce que nous aurons réussi et atteint
lorsque les énergies fossiles disparaîtront.
R :
Oui. Le risque est là. Imaginons que nous ne fassions rien,
mais rien du tout.
Qu’est ce qui va se passer ? Eh bien, le
pétrole puis le gaz, puis le
nucléaire puis le charbon s’ éteindront
petit à petit. Il nous restera le vélo,
le feu de bois, des autoroutes, des aéroports. Ce sera un
paysage assez
surprenant. Peut-être nous rappellera-t-il les mondes de
Jules Vernes. Une
technologie du XXI ème avec des moyens du XIX
ème. Mais dans le pire des cas,
cela ne sera ni le moyen-âge, ni l’âge de
pierre. Ce sera autre chose.
R :
Oui. De toute façon on va de l’avant. Et
c’est tant mieux comme ça. Le XX ème
siècle a consisté à
développer des techniques pensées pour que 450
millions
d’individus profitent de la vie, servis par 6 milliards.
Maintenant les bientôt
9 milliards estiment qu’ils ont droit aux techniques des 450
millions et ne
voient pas pourquoi ils y renonceraient. Or, multiplier le
pétrole par 20, ce n’est
pas possible. Alors la fin du pétrole nous permettra de
repenser tout ça, de
développer des techniques plus efficaces et des
énergies moins agressives.
R :
C’est une question complexe. Un certain nombre de techniques
sont déjà
opérationnelles. D’autres vont le devenir. Il ne
faut pas oublier qu’il faut du
temps pour qu’une nouvelle technologie voie le jour. 5 ans
pour sortir des
labos. Et encore 5 ans pour devenir concurrentielle. (Et 50 ans pour
conquérir le monde…). Heureusement
qu’il y a beaucoup de techniques qui dorment
dans les cartons…
R :
La recherche va à son rythme. Il lui arrive de trouver ce
qu’elle est sensée
trouver. Quelque fois, elle trouve autre chose (par ex. le Viagra). Il
lui arrive
aussi de ne rien trouver. Déverser des milliards dans la
recherche ne
changerait pas foncièrement la donne.
R :
Il faut clairement montrer la voie. Les énergies fossiles,
c’est le passé.
Plonger dans l’avenir le plus vite possible est la seule
attitude raisonnable.
R :
Il faut se faire à l’idée que les
combustibles fossiles ont été un
« flash » dans
l’histoire de l’humanité. 150 millions
d’années pour
les produire, 150 ans pour les détruire… Ils nous
permettront encore sans doute
d’atteindre le soleocene, mais pas plus. Et c’est
d’ailleurs mieux ainsi. Nous
devons changer nos habitudes, arrêter de penser que notre
bonheur est
directement proportionnel aux tonnes de Co2 que nous rejetons dans
l’atmosphère.
A ce moment là, nous serons mûrs pour envisager
d’autres modes de
fonctionnement sans que cela passe par de terribles crises de
renoncements et d'autres renonciations. Plus que les politiques, les
ingénieurs ou
les traders, c’est
nos habitudes qui doivent être changées.
Il faut
absolument que nous ayons à
l’esprit les dégâts que nous produisons
lorsque nous agissons à la légère.
Q :
Et comment changer les mentalités ?
R :
C’est très difficile en effet. Maintenant le prix
des ressources fossiles
augmentant, chacun sera tenté par d’autres modes
de fonctionnement pour alléger
son porte-monnaie. Cela dit comme tout porte à croire que
lorsque l’offre
déclinera les prix augmenteront en flèche, il ne
sera pas inutile que le
régulateur des marchés, c'est-à-dire
l’état prenne les devants en instaurant
une taxe sur le carbone rejeté. Et ce par tous. Petits et
grands.
R :
Certes. Si elle n’est pas ni prévue, ni
pensée, il y a tout à craindre que
l’économie ne
sache s’adapter aux changements brutaux. Comme cela
s’est passé à chaque fois
qu’il y a eu une cassure technologique… En
revanche si le changement
est accompagné et annoncé de longue date, les
emplois se recycleront plus
facilement. Lorsqu’il n’y avait pas de
pétrole, il y avait des emplois. Quand
il n’y aura plus de pétrole, il y aura toujours de
l’emploi. Mais ils seront
différents. A nous de les définir et
d’organiser leur mutation.
R : Non. En aucune manière. Les aspirations de l’homme demeureront. La période d’adaptation sera difficile, ne nous leurrons pas. Mais elle est indispensable et ne peut déboucher que sur un meilleur. Donc elle vaut largement la peine d’être vécue.
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