Facteur 4 - Changement de
cap pour le développement technique
Conférence
pour les 'D-Telekom',
Hambourg, 24.8.2004
Prof.
Dr. Ernst Ulrich von
Weizsäcker
Le challenge
Je crains
qu'il faut que vous vous fassiez à l'idée
que je vais ce soir vous faire rencontrer un monde dans lequel les
conventions
et les critères habituels ne sont plus de mise. Il va
falloir s'habituer à une
importante remise en cause du progrès technique. C'est en
partie déjà commencé,
d'autres zones sont encore complètement ignorées.
Mais l'essentiel est de ne
pas perdre notre optimisme...
La raison
pour ce changement radical est la
finitude de notre planète Terre, de ses ressources et de son
environnement. Je
parle ce soir d'une nouvelle dimension de la protection de
l'environnement. La
protection "classique" de l'environnement consiste dans l'essentiel
à
réduire les pollutions de l'eau, de l'air et de la terre.
Pour la protection
"classique" de l'environnement existe l'optimiste courbe dite
"courbe en U inversé". Le développement typique
des pays part d'une
pauvre propreté, passe par une riche saleté,
signe d'industrialisation, la
richesse devenant telle qu'ils peuvent même se payer une
chère dépollution, ce
qui leur permet de devenir riches et propres !

*** la courbe
en U inversé: le modèle à
succès de
la protection classique de l'environnement.
Ca, c'est
déjà du passé. A l'avenir le grand
challenge technologique ne se situe plus dans l'élimination
de microgramme de
produits dangereux, mais de mégatonnes de produits
finalement peu nocifs comme le
Co2, dont la concentration dans cette salle à cause de notre
respiration s'est
élevée d'une façon plus importante
pendant le premier quart d'heure de cette
conférence que pendant les 200 premières
années d'industrialisation. Pourtant
personne n'est tombé en syncope. Ce gaz est donc inoffensif
et naturel.
Pourtant il modifie le bilan de rayonnement de notre planète
et change donc le
climat. Voici ce qu'en pense l'Intergovernemental Panel on Climate
Change
(IPCC). Projection des changements de climat pendant ce
siècle.

*** Les
températures peuvent s'élever au
XXIème
siècle de 5°C (IPCC, 2001)
La
projection
se base sur la corrélation connue
depuis 20 ans entre la concentration de Co2 et les
températures sur la Terre,
que l'on a reconstitué à partir de carottes de
glace de l'Antarctique.

*** Vostock
Co2 et température Corrélation entre
Co2 et température sur les derniers 160.000 ans.
Pour les
villes du bord de mer, le troisième
paramètre, c'est à dire
l'élévation du niveau des océans, est
particulièrement
redoutable. Pour des raisons évidentes, il a pourtant
tendance a se produire
avec un certain décalage.

***
Elévation du niveau des mers.
La
différence entre le haut et le bas est
finalement de plus de 100 mètres ! Cela risque de produire
de grands bouleversements
de la ligne de côte, comme on peut le voir sur le graphique
suivant:

*** La
côte italienne pendant la dernière
glaciation et pendant une période chaude de 2 millions
d'années - bien que des
changements géologiques ai joué aussi un
rôle (Atlante Geografico Moderno,
1985)
D'ailleurs la
hausse du niveau des mers peut se
produire très rapidement comme ça a
été le cas il y 7800 ans. A cette
époque
là, la banquise haute de plusieurs kilomètres au
dessus de la Baie de l'Hudson
et du Labrador a glissé dans la mer suite à un
phénomène mécanique.

*** Il y a
7800 ans, la glace du Nord Canada est
tombée dans la mer et le niveau de la mer s'est
élevée de 7 mètres
(redessiné à
partir de Tooley, 1991)
Personne ne
peut dire aujourd'hui dans quelle
mesure le Groenland et l'Antarctique vont rester
mécaniquement stable sous
l'effet du réchauffement climatique. Il est cependant
perturbant de penser que
le réchauffement climatique se fasse davantage ressentir
dans les régions
polaires qu'au niveau des tropiques. Il serait de toute
façon raisonnable de
proposer une politique qui rendrait de telles catastrophes moins
vraisemblables...
C'est probablement le plus grand défi face auquel nous nous
trouvons.
Nous voulons
ce soir réfléchir à quoi devrait
ressembler une politique de réduction des risques et ce que
la technologie peut
apporter comme contribution. Il serait raisonnable que les
concentrations de
Co2 devraient se stabiliser au niveau actuel ou mieux encore
à ceux de 1970 ou
même d'avant. Pour y arriver, les calculs de l'IPCC montrent
qu'une diminution
de moitié des émissions de Co2 doivent
être atteintes dans le monde. Et ceci au
moment même où la Chine et l'Inde se lancent sur
une route de
l'industrialisation débridée.

*** Nous
devons réduire les émissions de
moitié,
alors que c'est un doublement qui est le plus certain. En 2030, 8
milliards
d'individus, vivront sur Terre. Si politiquement tout se passe bien, 2
milliards auront un niveau de vie comparable à celui des
pays industrialisés.
Pour cela il faudra produire le double de prestations de service
qu'actuellement.
Facteur 4.
Ceci et la diminution par deux des
émissions de Co2 doivent être
réalisées en même temps.
Malgré tout mon amour
pour l'énergie solaire et les éoliennes, ce but
n'est pas atteignable. Et la
sortie de la sortie du nucléaire dont on parle tant en ce
moment ne résoud pas
non plus le problème.
Non. Nous
avons besoin rien de moins que d'une
nouvelle orientation du progrès technique. D'ailleurs le
problème n'est pas
uniquement le Co2, mais aussi des autres Mégatonnes, cette
fois-ci de minerais,
qui sont arrachées laidement à la
Planète, transportées sur des milliers de km
pour finir par être transformées. Nous devons
apprendre à traiter les trésors
de la Nature de manière nettement plus
élégante et efficace. Dans un livre qui
a été publié en 1995 comme Rapport du
Club de Rome, nous demandons, nous
auteurs, que l'utilisation des ressources soit 4 fois plus efficace.
C'est
juste nécessaire pour doubler la
prospérité et diminuer par deux la
préemption
sur l'environnement.

*** "Facteur
4" a été publié en 12
langues, dont le chinois.
Avant de
passer aux exemples, je me permets de
faire une analogie. En 150 de révolution industrielle
l'humanité a appris à
produire 20 fois plus rapidement. C'est une augmentation qui a permis
notre
confort actuel. La nouvelle tâche consiste à
réaliser la même chose avec
l'utilisation des ressources. Et l'étape
intermédiaire, c'est le facteur 4. Car
elle est atteignable avec les techniques dont nous disposons.
Les
hypervoitures:
Un premier
exemple en est les
"hypervoitures". Mon co-auteur légèrement
excentrique et quelque fois
excessif, Amory Lovins, ainsi que d'autres ingénieurs
créatifs, ont conçu une
voiture qui ne consomme que 2 l/100. La
légèreté du véhicule ainsi
qu'une
motorisation hybride ou par pile à combustible permet cela.
L'hypervoiture est
4 fois plus efficace que la moyenne de la flotte automobile actuelle.

***
L'hypervoiture ne consomme que 2 litres aux
cents.
Mais
l'hypervoiture n'a pas quitté le stade du
prototype. Aucune entreprise ne s'est décidée
à produire l'hypervoiture en
série. L'espoir de voir l'hypervoiture changer la face des
flottes automobiles,
ne se réalisera à mon avis que lorsque la
motorisation de la Chine ou l'Inde ne
commencera vraiment. Alors ce sera pour ces pays nécessaire,
ne fut-ce que pour
des raisons d'importation de pétrole et des balance du
commerce extérieur, de
développer l'hypervoiture. Et lorsque ces pays en
développement auront une
flotte efficace, les vieux pays industrialisés ne pourront
plus en faire
l'impasse.
Les maisons
éco-efficaces:
D'un point de
vue quantitatif, encore plus
important pour l'efficacité écologique, c'est
l'habitat. Amory Lovins travaille
et habite en partie dans un bâtiment dessiné par
lui-même pour le "Rocky
Mountain Institut". Tout en haut, dans la glace et la neige, ou le
dégel
ne dure que 50 jours par an, il s'est constitué une oasis
d'économie d'énergie,
ou on cultive même les bananes...

*** Tout en
haut dans les montagnes est installé le
Rocky Mountain Institut - une maison nulle énergie
Alors que
dans les mêmes régions d'autres
bâtiments
en sont encore à se battre avec des factures importantes
d'électricité et de
fuel, le "Rocky Mountain Institut" est un producteur net
d'énergie.
Le chauffage est dû entre autre aux 20 employés de
l'institut. Ils ont tous une
température de 37°. Bien sûr, il y a une
récupération de la chaleur de l'air
sortant pour chauffer l'air entrant. Et ce n’est que
lorsqu'il fait extrêmement
froid dehors que les vieux poêles à bois sont mis
en route, dans lesquels on
brûle le bois du jardin.
Il existe
aussi des habitations identiques en
Allemagne. Les architectes les appellent des "maisons passives".
Elles sont particulièrement bien isolées,
utilisent la récupération de la
chaleur et profitent de l'effet de serre à travers les
vitres ou l'énergie
solaire est transformée en chaleur. La chaudière,
chère et volumineuse qui
s'étend par des radiateurs dans toutes le pièces
disparaît. On y gagne un
facteur 10 d'énergie de chauffage.

*** La maison
passive ne consomme qu'un dixième de
l'énergie de chauffage.
Sur le principe
la technologie de la maison passive est
déjà concurrentielle aujourd'hui. Ces
dernières années, des ingénieurs et
des
architectes comme W. Feist et F. Rasch, tous les deux de Darmstadt ont
développé des procédé
économiques de préfabrication, ce qui les rend du
même
ordre de grandeur que les constructions HLM. Les derniers
développements
concernent la rénovation selon des standards de la maison
passive. Ici on
obtient au minimum un facteur 4.
Les exemples
de "facteur 4" concernent
aussi des objets de la vie de tous les jours. Chacun connaît
entre temps la
lampe basse énergie.

*** La lampe
basse énergie réalise un facteur 4 en
économisant l'électricité.
Entre temps
la lampe basse énergie standard a été
dépassée par les diodes (ou LED), qui augmente
encore l'efficacité d'un facteur
2. Elles restent cependant encore chères.
Les appareils
ménagers et l'industrie
Le facteur 4
est aussi facilement atteignable pour
les appareils de cuisson, de réfrigération ou de
lavage.

*** U.
Tischner Réfrigérateur "Fria" est
4 fois plus efficace qu'un réfrigérateur standard
Le facteur 4
est aussi valorisé dans l'industrie.
Un manager de Siemens me disait un jour, que le facteur 4 est le
modèle dans
l'entreprise, particulièrement lorsque l'on
considère les pays asiatiques. La
transformation des métaux permet aussi d'être plus
économe. L'aluminium recyclé
ne nécessite qu'un 20ème de
l'électricité nécessaire à
sa transformation à
partir de la bauxite.
Au Japon, qui
après une longue stagnation, connaît
un redémarrage économique, le fameux "Total
Quality Management" est
remplacé par le "Total Ressource Productivity" comme nouveau
sigle de
qualité. Pas une tonne de métal ou de plastique
qui entre dans la production ne
doit finir aux déchets ou à
l'incinération. Ce n'est d'ailleurs pas
considéré
par les pionniers industriel ou le METI comme une question
d'écologie, mais une
question marketing. Comment peut-on vendre un
réfrigérateur à Taiwan ou à
Singapour sans une garantie de reprise ? Et quel est le meilleur
matériau pour
un réfrigérateur ? Celui qui se pose ces
questions sérieusement arrive quasiment
sans coup férir au "Total Ressource Productivity" et au
"Remanufacturing" ("remanufacturage",
"reconditionnement"). Le "Remanufacturing" est évidemment
nettement plus complexe mais en même temps nettement plus
efficace que le
simple recyclage. On arrive à de toutes autres
idées de conception et cela
nécessite une autre logistique de reprise. Il s'agit donc
d'une innovation
systémique, pas simplement une innovation de produit.
Même
certains produits chimiques peuvent être
loués. Après utilisation, par ex. comme moyens de
nettoyage du métal, ils sont
récupérés quasiment à 100%.
Ca aussi c'est l'un des 50 exemples extraits de
"Facteur 4". L'étape d'après pourrait
être le leasing du métal. Pour
l'aluminium, le cuivre ou les métaux précieux
industriels, c'est tout à fait
imaginable. Ca dépend uniquement de la
rentabilité, qui elle-même ne dépend
que
des conditions aux limites.
Le
système Dual, le point vert (système de
recyclage allemand) devient vite très assez terne face aux perspectives qu'apporte
une économie des
matériaux conséquente et écologique.
Seulement
pour les pays riches ? Au contraire ! On
entend souvent dans les discussions écologiques que la
protection de
l'environnement ne s'applique qu'aux pays riches. (cf "courbe en U
inversé"). En vérité c'est dans la
perspective des technologies du facteur
4, plutôt l'inverse. Les pays riches, et en premier lieu les
USA, peuvent
encore au moins économiquement se payer le confortable
gaspillage (ou peut-être
gaspillage de confort). Jusqu'à ce que les premiers signaux
de pénurie
apparaîtront (mais ça peut encore durer).
C'est
exactement le contraire dans les pays en voie
de développement. Tout comme la motorisation de masse ne
réussira qu'avec
l'hypervoiture ou un autre système extrêmement
efficace, c'est pareil dans
pratiquement tous les autres domaines, ou l'énergie et les
ressources sont
nécessaires.
L'un des plus
grand consommateur d'énergie dans les
pays en voie de développement, ce sont les climatisations.
Elles sont
fabriquées actuellement selon un standard US
extrêmement énergivore. Dans notre
livre, nous faisons référence à un
ingénieur de Singapour, Monsieur L-E Lock
qui a réussit à diviser la consommation
électrique d'un facteur 4. Si sa
technique se développe, ce sont des douzaines de centrales
à charbon que l'on
va pouvoir éviter.
En Chine,
l'ampoule basse énergie a réussi sont
entrée. C'est aussi en Chine que se situent les plus grandes
usines de
fabrication du monde. De juste droit. Il doit en être ainsi
pour tous les
produits blancs efficaces. Le livre "facteur 4" a apparemment chez
les lecteurs chinois, ouvert des portes ouverts. J'ai pu en parler
récemment
avec le nouveau ministre de l'économie extérieur Bo Xi Lai. Il va
s'investir pour que sorte
rapidement une nouvelle version du livre avec des exemples venant de
Chine.
De nombreuses
techniques efficaces doivent d'abord
pour des raisons psychologiques être installées
chez nous, avant que les pays
en voie de développement ne leur fassent confiance. Nous
connaissons le problème
depuis le Transrapid. Le Transrapid est d'ailleurs avec des vitesses de
300
km/h énergétiquement parlant d'un facteur 4 plus
efficace que l'ICE. De manière
générale, l'efficacité
énergétique des transports peut être
augmentée d'un
facteur considérable. Il s'agit ici en partie
d'éviter carrément d'utiliser le
moyen de transport, comme par exemple par la
vidéoconférence en lieu et place
du voyage d'affaire.

*** Les
vidéoconférences sont souvent
utilisées
dans les multinationales et économisent des millions de
tonnes de GES, et de
dollars...
L'utilisation
des transports en commun et des
automobiles individuelles peuvent être fortement
améliorés. Aux Pays-Bas, un
prix unique dans tout le pays, invite les automobilistes à
éviter la voiture.
Dans la ville brésilienne de Curitiba, il existe un
système de bus exemplaire
qui est plus économique pour de nombreuses familles que la
voiture
individuelle.
Dans le cas
du transport par camion, le potentiel
d'économie est ailleurs. Ici, il s'agit d'inverser la
tendance des 20 dernières
années, qui s'est développée autour
d'un concept "just-in-time" mal
compris. L'intensité de transport des processus de
fabrication a pris des
dimensions complètement absurdes, comme l'étude
de S. Böge concernant
l'intensité de transport du yaourt aux fraises le montre.

***
Jusqu'à ce qu'il trône sur la table, le yaourt
aux fraises a parcouru 3000 km en camion. Un dixième
suffirait.
Cela montre
que 3000 km de camion se cachent
derrière chaque yaourt aux fraises. Et même 8000
km si l'on compte les
kilomètres parcourus par les fournisseurs des fournisseurs.
Il n'y a aucun
doute que l'on peut organiser la fabrication du même yaourt
aux fraises avec un
quart ou même un dixième des kilomètres
de camion.
Laissez moi
spéculer sur l'avenir. Une innovation
imaginable et techniquement faisable serait le container
normé qui puisse être
chargé par un camion sur le train en une demi-minute.
J'imagine des supports
recouverts de roulements qui pourraient être rapidement
poussés sur le train
par des bras télescopiques automatiques portés
par le camion. L'essentiel étant
d'éviter les lentes grues de chargement. De la
même manière, on n'a plus besoin
que d'une plateforme roulante de transbordement entre deux trains. Un
tel
système permettrait de transférer une partie
importante du transport de
marchandise de la route vers le rail. Evidemment un investissement
massif dans
le rail et la nouvelle technique de transbordement est
nécessaire. Et les ports
pour développer un système équivalent
pour charger les bateaux.
La politique
à l'époque de la globalisation:
"Facteur
4"est une jolie vision. Mais si
on laisse libre cours au marché, cela durera bien longtemps
avant que la vision
ne se réalise ne fut-ce que de manière
insignifiante. Pourtant les signaux
écologiques de raréfaction écologique
n'arrivent généralement que trop tard. Si
on commence à se préoccuper réellement
des rejets de Co2 quand Hambourg sera
sous les eaux, tous ses habitants ainsi que ceux des régions
côtières du monde
diront que c'est trop tard. Le marché est un formidable
instrument pour le
court terme et tant que les prix ne nous mentent pas. La haute
intensité de
transport dans le cas du yaourt aux fraises est le résultats
des facteurs
déterminant le prix: le travail humain est cher, les
transports sont bon
marchés et ils permettent des productions
d'énormes séries avec peu de
personnel. Si on veut changer la donne, il faut modifier les facteurs
déterminant
le prix de manière politique. Avant 1990 cela
n'était pas politiquement tabou.
On pourrait discuter de la mise en place au niveau européen
d'une réforme
fiscale, parce qu'il est économiquement de la plus haute
importance de réduire
les impositions sur le travail pour au contraire imposer le facteur
utilisation
de l'énergie et de la nature. Pour une pure
économie intérieure en Europe, cela
conduirait à un changement de structure en interne qui d'un
point de vue macro
économique n'aurait que des avantages et pas
d'inconvénients. La
"Norddeutsche Affinerie" (NDLT: fondeur de cuivre) pour citer
l'entreprise hambourgeoise la plus sensible aux prix de
l'énergie, muterai en
"Européenne du Leasing du Cuivre", avec de nouveaux champs
d'activité, mais en fondant beaucoup moins de cuivre
qu'aujourd'hui.
Mais c'est
devenu avec la globalisation totalement
irréaliste. En balayant nos pays à la fin de la
guerre froide dans les années
1990, elle a établi la concurrence mondiale des
coûts. Les états nationaux et
l'UE ont comme tâche principale de veiller à ce
que leur région reste
concurrentielle. Ce qui est dramatique pour la politique. Les
électeurs et les
électrices ne comprennent plus le monde depuis que
l'état s'est transformé en commis
voyageur de l'économie, et ceci dans tous les pays de la
planète ! Nous nous
sommes intensivement cassé la tête sur cette
question dans la commission du
parlement concernant la globalisation de l'économie. A
l'occasion j'ai suggéré
qu'il faudrait réinventer la démocratie
à l'aune de la globalisation. Mais ce
n'est pas le thème de ce soir. Mais nous devons nous poser
la question de ce
que les états nationaux et l'UE doivent faire pour que les
facteurs déterminant
le prix se rapprochent davantage de la "vérité
écologique". Une bonne
idée serait un système mondial de bourse du Co2.
Nous, les pays riches devront
aller faire nos emplettes au Bengladesh et y acheter des licences pour
financer
notre gaspillage de l'énergie. Avec ça, l'auto
à 2 litres est sur le marché en
quelques mois... Et la logistique du yaourt serait changée
illico... On ne doit
pas le faire du jour au lendemain. La directive de l'UE au sujet de la
bourse
du Co2 est un démarrage sensé. Sa mise en oeuvre
en Allemagne par le ministre
de l'économie Clement est extraordinairement accommodante
pour l'industrie. Je
l'ai dit publiquement et ai critiquée au parlement
qu'à l'intérieur de
l'Allemagne nous ne pouvons donner aucun signal sur les prix, puisque
par
rapport à l'objectif de 21% de réduction du
niveau de 1990, nous avons déjà
réalisé 19%, principalement en arrêtant
l'industrie inefficace de l'ex-RDA et
que les 2% restant seront
réalisés par
la modernisation de Niederaussem. Heureusement qu'il y a le
marché européen. Et
les autrichiens et les danois ont déjà
annoncé qu'ils devront acheter chez
nous. Il y a donc un signal qui montre que l'amélioration de
l'efficacité est
récompensée. Il est cependant
extrêmement important que les pays en voie de
développement y participent. C'est là que la
croissance est la plus forte et
que l'amélioration de l'efficacité est la plus
rentable. Si alors quelques
nations soutiennent leur stratégie d'efficacité
par une réforme fiscale, ce ne
serait que logique. Des pays comme la Chine, l'Inde, l'Egypte ou le
Nicaragua
ont beaucoup de main d'oeuvre bon marché et pas assez
d'énergie. Pourquoi
devraient-ils suivre la voie des cabinets de conseil
américains qui prône la
rationalisation du travail par la robotique et en même temps
un gaspillage de
l'énergie. Heureusement pour ces pays là, il y a
le GTZ allemand et des
organisations similaires hollandaises, suédoises et
japonaises qui enseignent l'utilisation
efficace de l'énergie.
Pour finir,
encore une bonne nouvelle des marchés.
Il y a des fonds de pension qui concentrent leur portfolio sur les
actions
d'entreprises qui sont les premières de leur
catégorie d'un point de vue
écologique et sur quelques pionnier de
l'écologie. Pour ça, il y a le "Dow
Jones Sustainability Group Index". Il se laisse comparer en terme de
performance par le biais du "back-casting".

*** Le DJSGI
plus fort que le Dow Jones !
Vous voyez
que le DJSGI est plutôt plus efficace
que le Dow Jones. Ce pourrait être un démarrage
optimiste pour la discussion...
Ernst Ulrich
von Weizsäcker, président de la
commission environnementale du parlement allemand, Président
fondateur de
l'institut Wuppertal pour le Climat, l'environnement et
l'énergie.
Sources:
Ernst
U. v. Weizsäcker, Amory
Lovins, Hunter Lovins. 1995. Facteur
quatre. Deux fois plus de
prospérité, deux fois moins de gaspillage. Droemer,
München
Böge,
Stefanie: Erfassung und
Bewertung von Transportvorgängen. Die produktbezogene
Transportkettenanalyse,
in: Dieter Läpple (Hg.): Güterverkehr, Logistik
und Umwelt,
Berlin 1993
L'article original (en allemand)
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